Couloir de l’angoisse / S01 E02 (VO) – chambre 8 : L’esplication

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— L’esplication

« Faut que j’vous esplique pour la chambre monsieur ! » me lance t’elle à mon retour.
Je saisis ma tasse au vol et m’approche d’elle, mon esprit impatient ne se laisse pas alerter par un détail pourtant loin d’être insignifiant, quelquechose à bougé dans la pièce en mon absence quelquechose d’important.
« allo ici ton subconcient mayday, fais quelques pas en arrière et concentre toi un peu sur la situation, observes ton environnement puis opère un demi tour sur ta droite direction la porte en mode Karl Lewis, tâche d’avoir l’air naturel, ce n’est pas un exercice, je répète… »

Je l’ignore et je l’écoute « elle » qui entame son « esplication », parasitée par la conversation des deux autres qui sont maintenant face à face accoudés au coin opposé du bar, il ne m’est même pas venu à l’esprit, en revenant de la voiture, que le « quelquechose » est posé au sol entre eux, la bouche vers le ciel, ou plutôt le plafond, maintenu en équilibre par la cuisse de « casquette ».
Je reçois tous leurs mots de façon hachurée sans arriver à me concentrer sur l’un où l’autre de ces deux flux de paroles :

« La chambre est au premier… » « …il est mort sur le coup… » « …Je vais vous enfermer en partant… » « …tué net, pas le temps de réagir… » « …il n’y aura plus personne dans l’hôtel à part vous… » « …21 ans t’rends compte ? … » « …demain, la réception sera fermée, faudra prendre l’issue de secours pour sortir… « … fin bon il l’avait cherché à faire le con aussi… » « … attention ! A partir de midi la sortie sera condamnée… »

Condamnée.
Sur ce dernier mot, je me recentre sur la précieuse « esplication », je l’écoute « elle » assidument, enfin j’écoute le silence qu’elle laisse s’installer…

Moi : Condamnée ? midi ?
Elle : Oui midi, enfin ptet 14 heures vous pourrez vous reposer plus longtemps comme ça.

Tout le monde est souriant et agréable depuis mon retour, l’ambiance est détendue, j’échange quelques mots avec les deux autres sans les regarder vraiment : le deuxième larron (le plus effacé) disserte sur « le problème de la technologie qui marche jamais la quand on en à besoin » casquette approuve d’un « bordel ! », moi aussi un rien plus subtilement, casquette surenchérit par  » ah bordel, c’est bien beau ces parigots qui nous emmerdent avec leurs histoires d’ordinateurs mais ça marche jamais ces bordels là, l’informatique c’est comme les parisiens, des qu’y en a un c’est le bordel, je l’sais y’en avait un la ou j’bosse. J’lai bousillé. » j’espère qu’il parle d’un ordinateur…
Je lui réponds que je suis d’accord en pensant que c’est pourtant son ennemie intime, la technologie, qui le sortirait de sa campagne et le rendrait célèbre dès mon retour à la vie.
Il me relance : « V’nez d’où encore ? »

moi : « Nantes ! »

Je n’en ai jamais été aussi persuadé, j’espère simplement que sa vue ne soit pas assez fine pour lire ma plaque d’immatriculation vu que je suis garé devant la « réception ».

« Elle » m’annonce qu’il n’y à pas de douche au premier « faudra aller au deuxième m’sieur, 18 euros pour la nuit ».
Je reviens vers mon hôtesse, règle et récupère ma monnaie, les deux autres s’affairent, je n’y prête pas attention, je me retourne vers les deux larrons qui ont apparemment pris l’habitude de se servir seuls, à moins que leurs verres à nouveau pleins ne se remplissent de façon magique mais je ne peux pas douter de leur aptitude a les vider.
Mon regard capte une nouvelle fois  »objet’ qui est revenu sur son râtelier, peut être n’en a t’il pas bougé, peut être mon imagination…

Elle sort un trousseau de clef, m’enjoins de la suivre, je la laisse me guider vers la suite de l’aventure.

A suivre…

————————————–Les coulisses de l’histoire——————————————–

C’est une vieille histoire que j’avais postée en son temps sur un autre média. Réellement tirée de faits qui se sont réellement passés dans la réalité !

Je la re poste ici pour faire une petite animation pendant les vacances en attendant la réouverture de mon blog. Je pense écrire un article dédié aux coulisses de cette histoire, tant il y aurait à dire.

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12 commentaires Ajouter un commentaire

  1. bah non je ne publie pas, ravi que ça te plaise. tu seras la première avertie le jour où ça se produit !

  2. je ne suis jamais venue ici sans sourire voir ta bouille me fait déjà rire…ton style ,ta manière de t’exprimer est un enchantement bien vivant!
    fantôme? où ça? J’espère que tu publies si oui dis moi chez qui…je suis sérieusement (oui ça m’arrive)preneuse..

    1. bah non je ne publie pas, ravi que ça te plaise. tu seras la première avertie le jour où ça se produit !

  3. Chouette, ça se corse, je sens un fantôme dans l’air 😀
    PS. Toujours écouter sa voix intérieure, il est encore temps de prendre tes jambes à ton cou 😀

    1. Mon problème c’est que j’écoute toujours l’autre voix intérieure, celle qui dit : brule cette maison… heu non l’autre, celle qui dit : comme tout ceci à l’air charmant et pittoresque… fonce !

      1. J’aimerais bien que tu écoutes celle qui te demande de foncer, je te lis avec une jubilation profonde

        1. comme si c’était mon genre de foncer bêtement dans les problèmes… ah la la Élisabeth tu ne me connais pas…

          1. Mais je n’ai jamais prétendu te connaître 😀
            J’aime juste à te lire…

          2. si tu jubiles en me lisant, tu me connais déjà bien mieux que certaines personnes de mon entourage !

          3. J’ai du mal à croire que tu ne sois pas aussi drôle dans la vie… en tout cas, ton sens de l’humour est imparable 😀

Tu peux la ramener maintenant mon lapin !

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