Couloir de l’angoisse / S01 E03 (VO) – chambre 8 : C’est la huit !

hotel abandonné chambre 8
— C’est la huit !

 

« Elle » me guide dans l’escalier en me laissant prendre les devants. Le peu d’éclairage qui parvient de l’arrière salle est encore suffisant, je sens son souffle tiède sur ma nuque, je regrette de n’avoir prévu ni gousses d’ail ni crucifix.

Nous passons ensemble la porte blindée qu’elle refermera plus tard derrière elle et surtout derrière moi. Alors que nous avançons maintenant côte à cote je trouve à bonemine —c’est le surnom que je lui donne intérieurement— un physique beaucoup moins bon enfant et amusant éclairée par la seule lueur du lampadaire qui transperce le vasistas, ses immenses orbites noires et son visage rendu blafard par la lumière synthétique.

« Voila, c’est la 8 de ce coté » me murmure t’ elle en s’arrêtant net, me tendant ma clef « la sortie s’ra la bas à l’autre bout demain, si vous vous l’vez assez tôt ! ». Sur ces mots elle repasse la porte esquissant un sourire où peut être une grimace, me lâchant un bonne nuit dans la foulée, je ne la reverrai jamais.

Mais pourquoi précisément la huit et surtout pourquoi de ce coté, si loin de l’issue de secours alors qu’il y a tant de chambres libres dans l’hôtel ?

Je n’ai pas le temps de me questionner plus à ce sujet, la douleur qui m’envahit alors que mon genou gauche percute violemment le coin d’un objet, comme une grosse boite — que j’estime mesurer deux mètres de long sur quatre-vingt de largeur faite d’une matière très dure (bois ou métal)— me stoppe bruyamment.

En sortant de ma poche mon téléphone portable, un bijou de technologie acheté à Paris, pour m’éclairer je repense à « casquette » :

« Bordel qu’est ce que c’est que ce machin ? » et je découvre mon agresseur gisant devant moi : un cadavre de baignoire tout ce qu’il y à de plus « classique », là en plein milieu du couloir de l’hôtel, sans triangle ni gilet jaune pour la signaler… je lui flanque un coup de pied vengeur qui lui extirpe un « bong » sonore qui va se répercuter jusqu’au bout du couloir, m’en fiche, elle l’a bien cherché et je ne risque de réveiller personne de toutes façons, Sauf erreur.

Je continue mon chemin jusqu’à la chambre huit éclairé par la faible lueur des veilleuses de secours moribondes et de mon téléphone faiblissant, la sensation d’une masse avançant parallèlement à moi frôlant la cloison de la chambre 7 et s’échouant contre la porte dans un flop à peine perceptible ne m’échappe pas mais me laisse presque indifférent.

Encore mon imagination je suppose.

Je glisse la clef dans la serrure de la terre de repos promise, pressé de découvrir la chambre huit.

A suivre…

————————————–Les coulisses de l’histoire——————————————–

C’est une vieille histoire que j’avais postée en son temps sur un autre média. Réellement tirée de faits qui se sont réellement passés dans la réalité !

Je la re poste ici pour faire une petite animation pendant les vacances en attendant la réouverture de mon blog. Je pense écrire un article dédié aux coulisses de cette histoire, tant il y aurait à dire.

Publicités

6 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Oh, suspense intenable… quand tu butes dans cet objet dans le noir, j’avais imaginé un cercueil où éventuellement tu serais obligé de dormir 😀

    1. C’est un peu comme si j’avais orienté le texte de façon à mener le lecteur (la lectrice) à penser qu’il s’agit d’un cercueil 🙂 dormir dedans ? Ça va pas non ? Je ne vais pas dormir dans un cercueil sale alors que j’ai payé pour une chambre… Disons confortable.

      1. Gros malin 😀
        Oui, disons la chambre confortable dans un hôtel digne de ce nom 😀

Tu peux la ramener maintenant mon lapin !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s