Couloir de l’angoisse / S01 E05 (VO) – chambre 8 : Condamné ?

Porte condamnée
Condamné ?

Je me relève pour visiter les alentours, pas par crainte mais par curiosité, je sors en caleçon comme pour me convaincre qu’après tout je suis seul. Il est 4 heures 45, mon portable me donne l’heure pour la dernière fois.

La vétusté « originale » des lieux, qui, bien que très vieillissants et apparemment jamais rénovés semblent n’avoir subit ni dégradations ni senescence, (comme si plus rien n’avait bougé depuis au moins trente ans) ; l’intérieur qui est en rupture complète avec ce que cette maison d’avant guerre laisse présager de prime abord ; La froideur et la symétrie aliénante des motifs peints sur les murs ; le sol en damier «dalflex» tout est digne de figurer dans un film angoissant.

Anthony hopkins ou perkins -je les confonds- y aurait trouvé son compte.

J’entends de légers craquements dans la chambre devant laquelle je passe, des bruits qui auraient pu être la répercutions de mes pas si seulement ils étaient synchronisés, ce n’est pas le cas. Je feins d’ignorer l’écriteau affichant fièrement «sept» sur la porte, je passe ma route, après tout je suis seul non?

Demain faudra prendre l’issue de secours, pour repartir Je la revois me l’annoncer du haut de son mettre 60, l’air sérieux, je l’entends presque me dire «enfin si vous repartez…»

L’issue de secours ? au fait…

Allez Hop, le pas léger et vigoureux mais vigoureux surtout, j’entame un demi tour, repasse devant ma chambre -que j’ai laissée ouverte en cas d’un retour rapide- direction l’autre bout du long couloir pour repérage, tout simplement.

Je localise la porte blindée facilement, c’est l’unique issue en dehors de celle qui m’a introduit dans les lieux. J’abaisse la poignée, -c’est comme une sorte de répétition générale- et pousse vivement, dans l’élan mon poignet plie douloureusement, contrarié par l’autisme de la porte qui reste désespérément close.

Condamnée.

«Clac» La longue ligne d’ampoules qui ponctue le plafond du couloir s’illumine tout à coup, me surprend, diffusant une lumière grisâtre en points de suspension dans un bourdonnement électrique accaparant, en posant ma main gauche sur le mur pour m’assister dans l’effort j’ai fait pression sur un interrupteur.

Il y a donc de la lumière…

Pourquoi me l’avoir caché ? Le plaisir d’en rajouter une petite couche ?

Entrée verrouillée, issue de secours verrouillée «légèrement» avant l’heure prévue…

Demi tour…

retour à la chambre?

Non ! écoute aux portes.

Je remonte le couloir plaquant anxieusement mon oreille à toutes les entrées : chambre 13-12-11-10-09…08 ? pas la peine-07?

Inutile de m’en approcher plus pour comprendre ce que j’entends de l’autre coté de la porte : un silence contenu et épais, voulu.

Je m’approche…

Maintenant éclairé, l’étage paraît encore plus long et symétrique, ses motifs en filigrane et ses portes soigneusement disposés à intervalle régulier, comme un couloir d’hôpital que le personnel aurait fuit.

Un léger raclement sans équivoque, il est là, tout contre la porte et il tient quelque chose dans la main certainement une arme qu’il aura laissé heurter le bois par maladresse ou sadisme.

Il sait que je sais, il est là, de l’autre côté de la porte et on se fait face maintenant, il est en train de me jauger, d’estimer ma position, l’angle d’attaque parfait. Je ne fais plus un bruit, je suis totalement immobile, j’essaye de calculer la trajectoire la plus rapide et la plus sûre pour me retrouver dans ma chambre si proche et me retrouver en sécurité, temporairement, le temps de passer par la fenêtre. Tant pis pour les ecchymoses et autres blessures superficielles occasionnées.

De longues secondes passent sans que l’un de nous deux ne se décide à agir. Je suis là, entouré de silence, enveloppé de vide quand un râle d’agonie me parvient brutalement, suivi d’un long vagissement guttural se terminant en un sifflement comme si les poumons de l’homme -car c’est d’un homme dont il s’agit à n’en pas douter- cherchaient désespérément à se remplir après un vidage brutal, me sort brutalement de ma paralysie.

Je réalise amèrement que,  je me suis retourné précipitamment vers la chambre d’en face, la vingt, surpris par ce qui ne s’avère être qu’un ronflement et que je tourne le dos à mon meurtrier maintenant mais, surtout, que celui qui hante la sept et qui n’attendait que la bonne occasion a réagi lui aussi. Ce bruit de clef qu’on tourne dans une serrure que je suis certain d’avoir entendu alors que je faisais volte face ne trompe pas.

Et moi, je lui tourne le dos, en position de futur égorgé.

A suivre

————————————–Les coulisses de l’histoire——————————————–

C’est une vieille histoire que j’avais postée en son temps sur un autre média. Réellement tirée de faits qui se sont réellement passés dans la réalité !

Je la re poste ici pour faire une petite animation pendant les vacances en attendant la réouverture de mon blog. Je pense écrire un article dédié aux coulisses de cette histoire, tant il y aurait à dire.

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6 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Alain Poitras dit :

    Y-a-il des visites d’outre-tombes du genre « fantômes de soldats Allemands errants » ?

    1. Vu l’endroit, c’est bien possible…

  2. Le suspens devient insoutenable… que donc es tu allé faire dans cette galère ? Sûr tu ne dormiras plus…

    1. bein je cherchais le repos…

Tu peux la ramener maintenant mon lapin !

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