Couloir de l’angoisse / S01 E06 (VO) – chambre 8 : Irruption

Porte condamnée
Irruption

-Irruption

Je ne saurais décrire la figure que j’ai accomplie pour me retrouver dans ma chambre, derrière la porte fermée à clef, ni quels muscles où quelle force surnaturelle m’ont propulsé ici en l’espace peut être d’un dixième de seconde. J’ai comme un blanc. Tout ce que je peux dire, c’est que le mouvement aurait certainement été digne du meilleur des patineurs olympiques, une note technique parfaite (Alors c’est ça l’instinct de survie ?).

Ce dont je suis certain, c’est que je ne suis plus seul, je ne l’ai jamais été.

La dérision réconfortante avec laquelle je prenais la situation au début à disparu. J’en viens à regretter d’avoir utilisé le peu de batterie qu’il me restait pour prendre des photos de cet endroit que je trouvais loufoque au départ afin de les montrer à mon retour à Paris. Sans ça j’aurais peut-être pu appeler les secours… pour leur dire quoi ? Qu’il y à un type qui ronfle chambre numéro vingt… que je soupçonne la sept d’être occupée par un meurtrier… qu’est ce que je pourrais bien leur répondre s’ils me demandaient où je suis ? Dans un hôtel sans nom quelque part sur le bord de la RN 4, je n’ai même pas de facture, je ne connais que les surnoms inventés de mes hôtes.

«je vous jure monsieur l’agent, il y a un type qui ronfle dans la chambre d’en face» Ce serait un canular amusant. J’en ris, nerveusement, exagérément en faisant de nouveau le tour de la chambre à la recherche de ce qui pourrait faire office d’arme. Je repère un pied de la table de nuit, suffisamment long et épais pour faire du dégât, estime la force nécessaire pour l’arracher au meuble : un nourrisson l’aurait aisément arraché d’un bras  puisse qu’il n’est que vaguement tenu par une vis qui n’espère même plus faire illusion. Je le laisse en place, rien pour le moment ne justifie que je ne détériore le mobilier mais c’est bon à savoir.

Depuis que j’ai repris conscience dans ma chambre je n’ai perçu absolument aucun indice me permettant de le localiser. A-t-il tenté de me suivre ? S’est il retrouvé le nez contre ma porte fermée hébété par la fulgurance de ma réaction ? A-t-il fait demi tour vers la fenêtre de sa chambre pour se servir du toit du cabanon comme passerelle ? Je n’ai pas l’intention d’ouvrir le rideau pour le savoir.

Il ne me reste qu’à attendre le jour qui ne tardera pas à se lever, je ne me risquerai pas à lui tourner le dos le long du couloir où à me retrouver acculé dans un étage supérieur à la recherche d’une issue de secours peu probablement ouverte.

Je m’installe sur le lit en chien de fusil –Fusil, exactement comme l’objet baladeur qui à retenu mon attention au « bar-réception » de ce qu’ils appellent un hôtel-, les jambes dirigées vers la fenêtre, position étudiée soigneusement :

je ne suis pas dans l’angle d’un tir à travers la porte je pourrais les détendre brutalement pour le faire repasser de l’autre coté s’il choisit l’option «passerelle»

je pourrais en un seul bond saisir mon sac et passer par la fenêtre (que j’espère avoir le temps d’ouvrir au préalable) au moindre mouvement de la porte huit.

Le pied amovible est à portée de ma main pour tous les autres cas de figure.

Je maitrise la situation, je me rassure à la pensée que la lucarne n’est pas une voie à sens unique et que le toit rugueux du cabanon pourrait toujours me servir de toboggan de secours, s’il supporte mon poids.

mon sac est prêt -il n’a jamais cessé de l’être- à coté de moi, mon trousseau de clef dans la petite poche entr’ouverte. Je suis prêt à veiller quelques heures… jusqu’au jour, je maitrise la situation.

Je reste là silencieux, les cinq sens en alerte mais je n’entends rien, l’immeuble est mort, pas l’ombre d’un psychopathe passant dans mon champ de vision.

Le goût âcre de ma salive -je n’ai pas comptabilisé les cigarettes cette nuit- et la rigidité du pied de table que mes doigts effleurent de temps à autre pour vérifier qu’il est encore là (comme il pouvait fuir lui), sont les deux seules sensations qui m’accompagnent.

Je finis par me sentir ridicule dans cette position, sans aucune manifestation de sa part… qu’est ce qui justifie ? -Dormir… juste un peu- Le ronfleur? Il y a au moins un autre pensionnaire, c’est sûr maintenant. S’il est dangereux, il cache bien son jeu. -juste une toute petite sieste réparatrice de quelques minutes- une clef qui se serait tournée dans une serrure? Je ne peux pas certifier l’avoir entendue. J’ai beau essayer de me repasser la bande son : ce passage est effacé, tout s’efface petit à petit. -Non, ne t’endors pas. Surtout pas !- Je me détends juste un peu.

– MENTEEUUUR JE VAIS TE CREVER PARIGOT !

Il aura attendu patiemment que je m’endorme pour faire irruption dans ma nuit, il est au pied de mon lit dans ma chambre, la pièce est cotonneuse, il m’a insulté, m’insulte encore, je n’entends aucun de ses mots pourtant je le sais, je dois lire sur ses lèvres.

J’ai la vision troublante de la porte de la Sept  entr’ouverte derrière lui…

« Elle » est là aussi, souriante, elle m’exhibe ma plaque d’immatriculation, je me dis que j’ai dû les vexer.

-Message pour moi même : rien de tout ça n’est en train de se passer-

L’homme à la casquette s’approche vociférant encore, la bouche déformée dans un hurlement qui, s’il se transformait en morsure pourrait m’arracher sans peine une partie du visage tant ses lèvres retroussées par sa haine libèrent une mâchoire impressionnante ;  béante. Je reçois son souffle neutre de plein fouet à cette distance. je ne sens pas son halène avinée, je ne sens que le parfum du jour, le soleil s’est levé ? Je pense qu’il fait jour dehors ; pour moi, c’est encore la nuit. Je sais qu’il continue de s’adresser à moi, qu’il me beugle toute sa rage en plein visage mais je n’entends toujours aucun son sortir de sa «gueule», je me sens comme quitter la pièce. Je suis déjà mort ? Il à sûrement déjà tiré et je ne m’en suis pas encore aperçu, je n’ai même pas senti l’impact de sa crosse contre ma rotule quand il m’a frappé, je réalise seulement qu’il tient un fusil à la main, Le fusil.

-j’insiste: rien n’est en train de se passer, c’est impossible !-

Il recule comme s’il allait faire machine arrière mais non… Son geste imprécis mais rapide sera son unique conclusion. la détonation me surprend.

A suivre

————————————–Les coulisses de l’histoire——————————————–

C’est une vieille histoire que j’avais postée en son temps sur un autre média. Réellement tirée de faits qui se sont réellement passés dans la réalité !

Je la re-poste ici pour faire une petite animation pendant les vacances en attendant la réouverture de mon blog. Je pense écrire un article dédié aux coulisses de cette histoire, tant il y aurait à dire.

Publicités

7 commentaires Ajouter un commentaire

  1. La suite est prête ? J’ai hâte de savoir…
    Tu rends très bien ce sentiment de danger imminent, où la paranoïa vient s’immiscer pour brouiller les pistes. Quand une peur irrationnelle s’empare de nous, on peut se faire un cinéma pas possible. On ne sait pas si son imagination lui joue un tour ou s’il est réellement en danger. Ce type de situation m’est arrivée une fois alors que je venais de rencontrer pour la première fois un voisin que je n’avais encore jamais vu mais sur lequel j’avais eu des échos pas très rassurants. Pour corser le tout, c’était un dimanche en fin d’après-midi et nous étions seuls dans l’immeuble. Rien que d’y penser, j’en ai la chair de poule.
    Cela dit, je reviendrai quand même lire la suite 🙂

    1. La suite est écrite, j’ai juste oublié le lien mais je pense que tu vas être déçue. L’important, je crois dans ce genre de situations c’est de mémoriser tout ce qu’on ressent face à ces conditions inhabituelles ou extrêmes et autant que possible écrire les principaux ressentis à chaud, avec les mots qui viennent le plus naturellement, retenir toutes les pensées, les idées même les plus folles qu’on a eu à ce moment là pour les exploiter en prenant bien soin, d’extrapoler, de romancer bref d’exploiter au sens large, ensuite, à tête reposée; Pourquoi tu n’écrirais pas cette histoire de voisinage ?
      ah au fait je sors une histoire de biscuits cuits au four en septembre… 😉

  2. Ton texte est excellent mais mon habitude de passer lire la nuit pas autant, je ne sais pas si je pourrais dormir…
    Alors, on nous déteste tant, les parisiens pour se transformer en Hannibal ?

    1. Moi c’est ce que je préfère, lire la nuit mais en ce moment je ne peux pas trop. effectivement, il aimait pas beaucoup les parisiens. ce texte là était vraiment piteux, j’ai dû revenir dessus du début à la fin tellement il était il était lourd et truffé de fautes. je t’avais envoyé un lien de feedback tu ne l’as pas reçu ?

      1. Je le trouve parfait et continuerai à le lire, même la nuit…
        Le lien ? Je vérifie mes 5000 mails, j’ai du le louper, désolée

Tu peux la ramener maintenant mon lapin !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s