L’éthique quête de l’étiquette.

Part congrue !
Part congrue !

Vous êtes vous déjà entendu dire :

Je ne te reconnais pas, ce n’est pas toi, ça ?

Avez vous pensé à répondre :

Ça n’est pas ce que tu attends de moi, je me reconnais.

L’étiquette, votre étiquette, la mienne, n’est pas vous mais ce qu’on attend que vous soyez, la part préhensible de vous. L’étiquette n’est pas vous mais l’attente venant de l’autre (des autres) d’une ligne de conduite sécurisante —  conforme  à sa (leur) capacité préhensile — de votre part et c’est ainsi  qu’existe une invisible police de la pensée, insidieuse, dont on devient nous même agent et prisonnier, régie par la loi du quendiraton : cultiver l’étiquetable pour ne pas risquer le reproche. L’autre, que nous sommes tous, devrait toujours aimer et attendre de ses interlocuteurs, de ses autres, qu’ils émettent ce qui, venant d’eux, paraît incongru mais n’est en réalité qu’une part tue pour ne pas risquer d’égarer. L’essence même de l’être :  sa vérité, sa face « cachée ».

C’est ainsi, qu’on noie le regard dans une recherche permanente de justification : »je pense que l’auteur à voulu exprimer… » ; rationaliser toute expression pour la rapporter à sa part congrue, sociale. L’art, la vie, l’autre se regarde par soi, vous inonde, vous frappe à la gueule, ou n’est pas pour vous (et ça n’est pas très grave). On ne dit pas, on n’explique pas la loi d’attraction, pas de pourquoi, pas de droit sur le regard : s’il est là c’est pour soi. Regarder est le plus égoïste des partages. Vouloir chercher raison dans le regard, consiste à résumer les choses à une minimaliste part congrue, commune : une étiquette justifiant socialement le pourquoi de son regard sur les choses.

C’est ainsi que les sous ensembles que nous sommes, de la pensée humaine dans sa complexité ne font que  se chevaucher, partager des sous ensembles communs, des surfaces de pensée convenue avec l’autre : des quantièmes de moi ; ce qui est beau c’est d’aller chercher au delà, le non-attendu : L’art naît de l’inconnu.

La créativité commence quand nous désacralisons nos lois ancrées ; à l’intérieur de nos frontières on ne cultive que l’attendu.

Une pensée qui devrait être (pour moi) la loi de tout auteur :

 » Ce qu’on te reproche cultive-le, c’est toi ! » (Jean Cocteau)

———-

C’est dimanche, je pontifie !

Publicités

23 commentaires Ajouter un commentaire

  1. mke06 dit :

    C’est vrai et en même temps inévitable en société. Cela fait souffrir aussi, ce :  » Ce n’est pas toi.  » asséné de façon dictatoriale comme si effectivement l’autre possédait pleinement l’essence de ce que nous sommes. Et en même temps, il a raison, cette parcelle de nous que l’autre peut refuser à un instant donné, ce n’est pas nous non plus dans la mesure où nous sommes beaucoup plus que ce que lui et nous pouvons apercevoir. Et ainsi de tous…

  2. Il a raison Cocteau, et au lavage, son idée ça tient.

    1. Exactement, alors cultivons !

  3. Leodamgan dit :

    C’est très subtil et subtilement écrit. Mais aussi implacablement exact si on s’y attarde un peu.

    1. merci beaucoup. décidément tu as décidé d’egayer ma fion de week end.

    2. Je viens de relire ce post et ma réponse à ton commentaire… je t’assure que c’est à cause de la correction automatique.

  4. « Un quantième de moi »… En physique quantique, une particule existe dans tout ses états possibles en même temps, mais quand on l’observe, il y a « réduction du paquet d’ondes » : la particule voit son état réduit à ce qui a été mesuré.
    Nous sommes des êtres quantiques…

    1. je me souviens d’avoir fait de la physique quantique et je crois en effet que tous les mots que tu viens de dire ont un sens ! peut etre même l’essence de cet article !

  5. mariejo64 dit :

    je ne m’arrêterai qu’à la première phrase et première question, à savoir : « ce n’est pas toi ça ! » que je préfère (je sais, ce n’est pas le sujet mais là, je me réfère à la citation de Cocteau ! 😀 ) « dis donc, mais tu n’as pas changée ! » Ce qui est vexant quand on te le dit 40 ans après tes 20 ans ! Quoi, j’avais déjà la même trogne ridée ? Alors hein ? 😀

    1. quarante ans après mes vingt ans ? mais je ne vous permet pas madame !

      1. mariejo64 dit :

        😀 allons bon ! qu’est-ce qu’ils sont susceptibles, les jeunes cette année ! À toujours croire qu’on parle d’eux !

  6. aragonne dit :

    A reblogué ceci sur Les Chroniques d'Aragonneet a ajouté:
    Voici une réflexion d’un collègue blogueur que je trouve vraiment excellente et très appropriée sur ce que j’ai vécu ces derniers mois. Nous présentons trop souvent ce que les autres attendent de nous et non ce que nous sommes. Et lorsque nous présentons ce que nous sommes vraiment et faisons respecter qui nous sommes, cela peut causer de mauvaises surprises, mais aussi de bonnes surprises. Respecter qui vous êtes et non ce que les autres attendent de vous. Mais ce n’est pas toujours facile.

  7. aragonne dit :

    !!! J’adore et je reblogue ! C’est vraiment ce que j’ai vécu ces derniers mois.

    1. merci, c’est gentil. j’avais peur que cet article ne trouve pas oreille à son pied ! merci pour le reblog et que ça serve d’exemple !

      1. Pas d’oreille à son pied ? Mais c’est purement génial, ce que tu viens d’écrire, de la philosophie bien profonde, chapeau, Lapin

        1. j’ai pas fait express… :+)

          1. Bon, alors fais le plus souvent 🙂

  8. Anonyme dit :

    Laetti quéquètte dans les toilettes… Euhhhhhh, ça c’est le résultat si 2 ans deviennent 2 min…. 🙂 ??!!??? 😀

    1. Anonyme dit :

      Les ptites quètes de la quéquètte …

    2. AH ça y est, maintenant, il y en a qui n’osent même plus s’identifier pour commenter chez moi, c’est la consécration,… ps je t’ai reconnue nabote ! 🙂

Tu peux la ramener maintenant mon lapin !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s