« Anagrammes, piques épiques alcool et drames. »

La cerise sur le gâteux.

bébé litOurson déjà, je brillais par ce talent inné pour faire tout et surtout n’importe quoi  avec les mots. Talent qu’il me fut permis de démontrer pour la première fois à 6 ans quand mon grand père, qui mangeait une tarte aux cerises fit tomber quelques fruits sur son pantalon.

Moi j’ai dit « C’est la cerise sur le gâteux », ma mère elle a dit « tu vas t’en manger une de tarte ! », Sa prédiction se vérifia rapidement. Ce fut une sacrée belle rouste dont je garde encore les séquelles physiques aujourd’hui, c’est pourquoi vous ne me verrez jamais à la télé. (je refuse systématiquement les offres). Dès lors (de maison du café) mon avenir fut tout tracé : un jour, on inventerait internet pour moi et je deviendrai une célébrité caché derrière mon écran.

Je peux dire que j’ai parcouru la moitié du chemin vers ma gloire. déjà, j’ai internet chez moi.

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lettre Q petitTrès tôt donc, je fus séduit par toutes les lettres de l’alphabet de A à Z… toutes !  ébahi devant leurs assemblages aussi subtils que variés qui composent les mots.Bouleversé par cette découverte,  J’entrepris d’étudier âprement les cadavres exquis et autres jeux de mot. Je mis en exercice, dès lors, ce goût nouveau pour les répliques bien senties. En parallèle, maman (ma mère) développa un engouement pour les « tartes dans ma gueule », bien senties aussi.

C’est à l’age de 12 ans que  j’entrepris d’appeler Pierre (Desproges) afin de converser avec lui sur des sujets cruciaux : la vacuité de l’académie française, la philosophie, la misanthropie, l’erreur impardonnable la page 327 du petit robert  et les petites poulettes.

Ce fut avec ferveur, humilité et une incoercible émotion qu’ il m’écouta.

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lettre_20grammes_taxeeVers 30 ans enfin, je réalisai que : les phrases, ces mots annexés composés de lettres chevillées, sitôt couchées sur papier enfantaient…

une lettre. La boucle fut bouclée.

Pour mon malheur, le reste du monde était déjà passé au courrier électronique. Voila, Comme je me fatigue moi même en me relisant, je vais arrêter là pour le moment et je dirais juste en guise de conclusion : collez des beignes à vos enfants.

Vendredi 13 février 2015. Tout vient à point à qui sait attendre, voici la suite de ma formidable narration.

En avant les histoires.

Bien entendu, ma vie ne se résume pas, loin s’en faut, à ce formidable talent artistique. Très tôt je fus investi d’un formidable esprit d’entreprise doublé d’un talent certain pour la recherche scientifique ainsi qu’une exceptionnelle aptitude à émettre de grandes spéculations théologiques qui marquèrent ma génération et parfois mes fesses.

C’est ainsi qu’à l’âge de six ans, par une subtile déduction, je réalisai une découverte formidable qui mit en émoi la communauté scientifique, la ligue de protection des bonshommes Playmobil ainsi que la société coca-cola : le père Noël n’existait pas, du moins pas sous la forme que l’on croyait. Le premier volet de cette découverte me fut non-intentionnellement révélé par mon tonton Maurice, qui, venu ce jour-là afin de procéder à une intervention – d’une complexité technique que je ne saurais décrire ici – sur le conduit de cheminée, proféra une déclaration qui résonna en moi comme une fatale évidence que nul être censé ne saurait contrarier : « Ah bordel de merde, c’est trop étroit, je peux à peine passer le bras ». Mon sang ne fit qu’un tour à l’énoncé de cette réalité cruciale car, en toute logique, si l’exiguïté du canal en question freinait la progression de tonton Maurice –qui était tout maigrichon-, comment un père-noël de stature raisonnable aurait-il pu l’emprunter dans l’exercice de sa fonction. A force de réflexion empirique sur la base de cette découverte j’en vins rapidement à la conclusion sans appel que le vieux livreur n’existait pas, ou, bien conjecture plus inquiétante, qu’il put n’être qu’un bras sans corps, hypothèse que me fit passer de nombreuses nuits cauchemardesques à l’approche des fêtes de noël.

Bien entendu, aucun raisonnement scientifique ne peut tenir sur une simple déduction. Ce fut une déclaration de moman (ma mère) qui ajouta une deuxième corde à l’arc infaillible de ma réflexion avisée. Un beau jour, alors que je vaquais consciencieusement à la destruction de ma tenue vestimentaire en sautant sagement dans une flaque d’eau douteuse, telle un odieux maître-chanteur elle me tint ce langage « mais tu vas arrêter oui, à quoi ça sert que je lave tes habits ? J’te préviens, si t’es pas sage, le père noël ne va pas passer pour toi. » J’en vins alors rapidement à la conclusion que le vieux barbu n’était qu’une invention des parents dont la vocation peu avouable était d’annihiler toute velléité de rébellion de nos esprits de chérubins.

Je me mis alors en devoir d’alerter toutes les instances judiciaires de cette diabolique machination parentale, ainsi que mes contemporains en culotte courte non sans m’être dûment renseigné auprès des de mon informateur habituel –un agent du service de renseignement téléphonique –, qui, visiblement de mèche dans la conspiration, émit une réponse éhontée « raccroche petit, c’est tes parents qui payent la communication ».

Ce fut plus de mystère qu’il me fut possible d’en supporter, le noël suivant, je me lançai dûment dans une enquête visant à mettre à jour ce vaste réseau de trafic de cadeaux de noël, enquête qui porta ses fruits car je pus enfin apporter l’irréfutable preuve : les paquets suspects étaient maladroitement dissimulés dans une armoire par les mis-en-cause eux même. Je fis part de cette découverte aux autres victimes de ce subterfuge qui pleurèrent comme des bébés et me dénoncèrent, moi, leur libérateur, aux parents. Simple hasard ou acharnement de l’histoire, la note de téléphone arriva dans le même temps.

Et retour à la case fessée.

Voilà voilà.

A suivre (ou pas)


124 responses to “« Anagrammes, piques épiques alcool et drames. »

Tu peux la ramener maintenant mon lapin !

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